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La FFF se prononcera sur l’avenir de Gianni Infantino à la FIFA
Photo : Foot Mercato

La FFF se prononcera sur l’avenir de Gianni Infantino à la FIFA

Philippe Diallo réunira le comité exécutif de la FFF le 10 septembre afin de définir la position officielle de la France sur une éventuelle réélection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA.

La Fédération française de football déterminera sa position officielle sur une éventuelle réélection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA après une réunion de son comité exécutif le 10 septembre. Le président de la FFF, Philippe Diallo, a confirmé que la fédération n’annoncera pas sa position avant d’avoir consulté son instance dirigeante, malgré son opposition personnelle à un nouveau mandat d’Infantino.

La position de Diallo place la France parmi les grandes puissances européennes du football qui s’interrogent sur la direction prise par la FIFA. Il estime que la crise actuelle doit être l’occasion de repenser le fonctionnement de l’instance mondiale, en accordant aux fédérations nationales un rôle plus important dans les décisions majeures. L’élection à la présidence de la FIFA est prévue le 18 mars 2027, ce qui signifie que la FFF ne considère pas sa décision comme urgente.

« Désormais, il est temps de prendre des positions claires », a déclaré Diallo dans des propos rapportés par L’Équipe. Il a également souligné que son opinion personnelle ne pouvait devenir la position officielle de la fédération sans être discutée par son comité exécutif. La réunion du 10 septembre sera donc le moment où la France passera de l’opposition interne de son président à une position institutionnelle formelle.

Le désaccord s’est intensifié après un projet de la FIFA visant à transférer une partie des droits liés à la Coupe du monde à des investisseurs privés. Diallo a déclaré avoir été l’un des premiers à s’opposer à cette proposition. Il a ensuite participé à des discussions menées par l’UEFA avec les fédérations européennes, tandis que le projet a finalement été retiré. Le président de la FFF considère ce retrait comme une victoire, mais souhaite que cet épisode débouche sur des changements plus larges plutôt que de rester un simple revirement isolé.

La principale critique de Diallo concerne la consultation. « Nous ne pouvons plus apprendre par la presse les décisions majeures concernant le football. Nous ne pouvons plus subir des décisions sans être consultés ni associés », a-t-il expliqué. Ses critiques ne visent pas seulement la structure commerciale proposée, mais aussi le processus par lequel les grandes décisions sont prises au sein du football international.

La décision de la France interviendra alors que les responsables de l’UEFA coordonnent leur réponse à Infantino. Diallo était à Monaco pour des réunions avec les dirigeants de l’UEFA et siège au comité exécutif de l’instance européenne. Plusieurs fédérations européennes ainsi que le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, se sont déjà prononcés contre un nouveau mandat d’Infantino. L’Italie a également déclaré son opposition le 26 août, en invoquant les initiatives récentes du président de la FIFA.

Le défi lancé par l’UEFA devait devenir plus visible autour du tirage au sort de la Ligue des champions le 27 août. Les responsables européens comptaient profiter de ce rassemblement pour organiser leur stratégie contre Infantino. L’UEFA devait également annoncer la fin de son boycott des compétitions de la FIFA, permettant à la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans de se dérouler normalement. Cette décision ne modifierait pas l’objectif européen plus large, qui consiste à obtenir le départ d’Infantino.

Pour la FFF, la question concerne donc à la fois la prochaine élection à la FIFA et l’équilibre des pouvoirs entre la FIFA, l’UEFA et les fédérations nationales. Le projet de transfert des droits de la Coupe du monde, finalement retiré, a fourni aux opposants européens un exemple concret des inquiétudes qu’ils ont exprimées. Diallo souhaite que la fédération profite de cette situation pour réclamer une réforme plus profonde et un processus décisionnel dans lequel les associations nationales seraient consultées avant l’annonce de toute initiative majeure.

La réunion du comité exécutif déterminera si la France soutiendra officiellement l’opposition européenne ou adoptera une autre position. D’ici là, la position personnelle de Diallo reste claire, tandis que la ligne officielle de la FFF demeure indécise. L’élection du 18 mars 2027 laisse du temps pour poursuivre les discussions, mais la fédération française se prépare à rendre sa position publique au moment où la résistance européenne à Infantino s’organise de plus en plus.

Source : Foot Mercato