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La Ligue 1 menacée alors que Canal+ alerte sur une hausse de la fiscalité de la télévision payante en France
Photo : Football365 France

La Ligue 1 menacée alors que Canal+ alerte sur une hausse de la fiscalité de la télévision payante en France

Canal+ estime qu’une hausse proposée de la TVA française de 10% à 20% pourrait faire augmenter les abonnements, menacer des emplois et réduire, à partir de 2028, le financement de la Ligue 1 et d’autres sports.

Canal+ a averti qu’une réforme fiscale envisagée en France pourrait l’obliger à réduire ses investissements dans le sport, notamment le football, le rugby et le football féminin. Maxime Saada, président du directoire du groupe, a déclaré sur RTL que la suppression prévue du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée pour la télévision payante provoquerait un choc financier majeur. Le taux passerait de 10% à 20% dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. Saada a affirmé que Canal+ ne pourrait pas absorber seul cette hausse et s’est demandé qui remplacerait le groupe comme important financeur du sport et du cinéma français.

Selon les calculs de Canal+, cette réforme coûterait 200 millions d’euros par an à l’entreprise. Saada a décrit la proposition comme une décision politique dépourvue de logique économique et a déclaré que les autorités n’avaient pas réalisé d’étude d’impact. Pour le groupe, le doublement du taux de TVA ne constituerait pas un simple ajustement comptable. Il aurait des conséquences sur ses tarifs, l’emploi et sa capacité à investir dans les droits sportifs et les autres contenus.

Le premier effet se ferait sentir auprès des abonnés, même s’il ne serait pas immédiat. Saada a indiqué qu’une hausse des prix des abonnements deviendrait nécessaire vers 2028 ou 2029. Il a également évoqué la possibilité d’un plan social au sein du groupe. Canal+ présente donc cette réforme fiscale comme un choix dont les conséquences dépasseraient les seuls comptes de l’entreprise : les clients pourraient payer davantage, des salariés pourraient subir des suppressions de postes et les détenteurs de droits pourraient recevoir moins lors de la négociation ou du renouvellement des contrats.

Cet avertissement est important, car Canal+ occupe une position centrale dans plusieurs compétitions majeures. Le groupe finance et diffuse le Top 14, la Champions League et la première division féminine française, désormais appelée Première Ligue. Saada a qualifié Canal+ de premier financeur du sport français. Selon lui, une réduction des dépenses du groupe toucherait plusieurs disciplines simultanément, et pas uniquement un championnat.

Le rugby professionnel est l’exemple le plus évident de cette dépendance. Canal+ a obtenu les droits du Top 14 et de la Pro D2 pour la période 2027-2032 dans le cadre d’un accord d’une valeur de plus de 139 millions d’euros par saison. Le montant communiqué pour cet accord est de 139,4 millions d’euros par saison. Saada a également rappelé que, selon l’évaluation de la Ligue nationale de rugby, 70% de ses ressources provenaient des droits audiovisuels payés par Canal+. Si le groupe réexamine ses investissements, le rugby devra donc directement répondre à la question de la préservation de l’une de ses principales sources de revenus.

Saada a cité la Ligue 1 pour illustrer ce qui peut, selon lui, se produire lorsque Canal+ ne participe plus au financement du football français. Le diffuseur, historiquement lié au championnat, s’est retiré en 2024 de la procédure d’attribution des droits de la Ligue de Football Professionnel, après s’être irrité de la gestion de la crise Mediapro. Les turbulences qui ont suivi sur le marché des droits ont laissé le football professionnel français avec des revenus audiovisuels nettement inférieurs et une chaîne produite par la ligue qui n’a pas apporté la solution financière attendue pour les clubs.

Sa comparaison reflète également l’importance du football européen dans la structure actuelle du financement. Saada a déclaré que le Paris Saint-Germain tirait davantage de revenus de la Champions League, que Canal+ finance, que de la Ligue 1. Cette affirmation place le championnat national dans une situation inconfortable : même le club le plus puissant de France peut obtenir une valeur financière supérieure de la compétition continentale à celle du championnat national. L’absence de Canal+ des droits de la Ligue 1 a déjà été associée à une période difficile pour la compétition, et une réduction plus large des investissements dans le sport pourrait accentuer la pression sur cet environnement fragile.

Les relations entre Canal+ et la LFP se sont quelque peu améliorées ces derniers temps, mais la hausse de fiscalité proposée pourrait raviver les tensions autour du futur rôle du diffuseur. Saada n’a pas déclaré qu’un retrait avait déjà été décidé. Il a averti que le groupe devrait réexaminer ses engagements si la charge supplémentaire de 200 millions d’euros devenait une réalité légale. Les prochaines étapes dépendront de l’avancée du projet de loi de finances et de la réaction de Canal+ au cadre fiscal définitif. D’ici là, la Ligue 1, le rugby professionnel et les autres compétitions restent dans l’incertitude quant à la solidité à long terme de leur principal partenaire commercial.

Source : Football365 France