
La menace fiscale de Canal+ fait peser une nouvelle pression sur le financement de la Ligue 1 française
Une hausse envisagée de la TVA sur la télévision payante en France a incité le président de Canal+, Maxime Saada, à mettre en garde contre une augmentation des prix et une baisse des investissements dans le sport, ravivant les inquiétudes autour de la Ligue 1.
Canal+ a averti qu’une modification envisagée de la fiscalité de la télévision payante en France pourrait fragiliser les fondements financiers du sport français, notamment ceux de la Ligue 1. Maxime Saada, président du directoire du groupe, a déclaré que la suppression prévue du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée contraindrait Canal+ à revoir certaines activités ainsi que ses investissements dans le sport et le cinéma.
La proposition, incluse dans le projet de loi de finances 2027, ferait passer de 10 % à 20 % la TVA appliquée à la télévision payante. Canal+ estime que cette mesure entraînerait un coût annuel supplémentaire de 200 millions d’euros. Saada a indiqué que le groupe ne serait pas en mesure d’absorber l’intégralité de cette hausse, ce qui exercerait une pression sur les prix des abonnements, l’emploi et les budgets consacrés aux droits sportifs.
L’impact commercial immédiat ne devrait pas se faire sentir avant 2028 ou 2029, selon Saada. Il a déclaré que les prix des abonnements augmenteraient nécessairement durant cette période si la réforme fiscale était adoptée. Il a également évoqué la possibilité d’un plan social au sein de l’entreprise, présentant cette mesure comme un choc financier aux conséquences dépassant le seul prix payé par les abonnés.
L’avertissement de Saada porte plus largement sur la position de Canal+ dans l’économie sportive française. Le groupe détient les droits de grandes compétitions, dont le Top 14, la Ligue des champions et le championnat de France féminin de première division, désormais appelé Première Ligue. Il a présenté Canal+ comme le principal contributeur financier du sport français et estimé qu’une réduction de ses dépenses laisserait les fédérations, les ligues et les clubs à la recherche de nouvelles sources de revenus.
Le rugby professionnel est l’exemple le plus évident de cette dépendance. Canal+ a obtenu les droits du Top 14 et de la Pro D2 pour la période 2027-2032 dans le cadre d’un accord d’une valeur de 139,4 millions d’euros par saison. Saada a également rappelé que, selon l’évaluation du rugby lui-même, 70 % des ressources de la ligue proviennent des droits audiovisuels payés par Canal+. Toute réduction de la capacité d’investissement de Canal+ affecterait donc une compétition dont les finances sont fortement liées aux revenus de diffusion.
Le dirigeant de Canal+ s’est servi de la récente crise des droits de la Ligue 1 comme d’un avertissement sur les conséquences possibles de l’absence du diffuseur historique sur le marché. Canal+ s’est retiré de l’appel d’offres pour les droits du championnat de France en 2024, après avoir été désabusé par la manière dont la Ligue de football professionnel avait géré l’effondrement de l’accord avec Mediapro. Son absence a contribué à une période difficile pour les droits audiovisuels, au cours de laquelle la propre chaîne de la LFP n’a pas réussi à maintenir les revenus que les clubs espéraient.
Cet épisode reste au cœur du différend, car il offre un exemple récent de l’écart entre la valeur d’une grande compétition et les sommes que les diffuseurs sont prêts à investir. Saada s’est demandé qui remplacerait Canal+ dans le financement du sport et du cinéma, en faisant référence à la Ligue 1 après le retrait du diffuseur. Il a également souligné que le Paris Saint-Germain tire davantage de revenus de la Ligue des champions, dont Canal+ contribue à financer les droits, que de la Ligue 1, mettant ainsi en évidence l’échelle financière différente des compétitions européennes.
Cet avertissement intervient malgré les signes d’une amélioration des relations entre Canal+ et la LFP. Une nouvelle charge fiscale pourrait raviver les tensions et compliquer davantage toute future implication dans la Ligue 1. Elle pourrait également affecter l’ensemble du marché, Canal+ devant trouver un équilibre entre ses engagements dans le rugby, le football européen, le football féminin et le cinéma, ainsi que ses effectifs, et le coût prévu de 200 millions d’euros.
Pour le sport français, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si Canal+ restera un acheteur majeur de droits, mais aussi de déterminer si un autre groupe pourrait remplacer sa contribution en cas de baisse des investissements. Aucun financeur de remplacement n’a été identifié dans cet avertissement. La prochaine étape immédiate sera le débat sur le projet de loi de finances 2027, tandis que le calendrier annoncé par Canal+ situe les effets les plus directs sur les abonnés et les décisions d’investissement du groupe en 2028 et 2029.
Source : Football365 France



