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La France retire son soutien à Infantino avant l’élection de la FIFA en 2027
Photo : AIP Côte d’Ivoire · Sport

La France retire son soutien à Infantino avant l’élection de la FIFA en 2027

La Fédération française de football a retiré à l’unanimité son soutien à Gianni Infantino et appelé à de vastes réformes de la gouvernance de la FIFA avant le scrutin de 2027.

La Fédération française de football a retiré son soutien à Gianni Infantino avant l’élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. La décision a été approuvée à l’unanimité par le comité exécutif de la FFF lors d’une réunion à Paris, le jeudi 10 septembre, à la demande du président de la fédération, Philippe Diallo.

Ce revirement intervient moins de trois mois après le soutien accordé par la FFF à Infantino, le 29 juin. À cette date, le président de la FIFA était le seul candidat déclaré à un nouveau mandat. La fédération française estime désormais que les conditions liées à son soutien ne sont plus réunies, invoquant une série d’événements concernant la gouvernance de la FIFA et son président.

L’élément déclencheur immédiat a été un projet révélé fin juillet visant à créer une société commerciale qui aurait notamment détenu les droits de la Coupe du monde. La structure envisagée aurait ouvert le capital de cette société à des investisseurs extérieurs. Les fédérations européennes ont considéré cette idée comme une décision majeure pour l’avenir du football, nécessitant une information complète, de vastes consultations et un processus transparent.

Le projet a depuis été abandonné après une opposition coordonnée au sein de l’UEFA et des échanges avec d’autres confédérations. Son retrait n’a toutefois pas réglé le différend plus large. La FFF a déclaré que cet épisode avait porté atteinte à l’image et à l’unité du football, et montré que la gouvernance de la FIFA n’était pas à la hauteur de l’importance du sport qu’elle supervise.

La France s’aligne désormais sur un groupe croissant de fédérations européennes ayant retiré leur soutien à Infantino. L’Angleterre et l’Italie figurent parmi les pays qui auraient adopté la même position, tandis que la Suède, l’Écosse et la Belgique sont également présentées comme ayant mis fin à leur soutien. La décision de la FFF la rapproche de la direction de l’UEFA, qui réclame des changements dans la manière dont le football mondial est gouverné.

La fédération appelle à un vaste programme de réformes élaboré avec les confédérations, les associations nationales et les autres composantes du football, notamment les joueurs et les supporters. Ses objectifs affichés sont de rétablir la confiance, d’améliorer la transparence, de protéger l’indépendance des instances dirigeantes du football et d’instaurer des normes de conduite plus élevées. La réforme devra également traiter de la manière dont le sport peut concilier excellence sportive, solidarité et développement continu.

La FFF prévoit d’entamer dans les prochains jours des consultations avec des personnalités françaises et internationales reconnues pour leur expertise en matière de gouvernance, y compris au-delà du secteur sportif. Ces discussions doivent aboutir à des propositions communes en vue d’une transformation fondamentale de la gouvernance de la FIFA. La France, qui se décrit comme un membre fondateur de la FIFA, veut participer à l’élaboration du débat sur la régulation et le développement du football mondial plutôt que de se contenter de s’opposer à la direction actuelle.

La position politique d’Infantino est donc plus fragile qu’elle ne l’était lorsque la FFF a signé sa déclaration de juin, mais la compétition électorale reste ouverte. L’opposition européenne ne s’est pas encore accordée sur un candidat capable de le défier. Victor Montagliani, président âgé de 60 ans de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, apparaît comme une option possible en raison de son influence au sein des instances dirigeantes du football. Il n’a pas officiellement lancé de campagne.

Toute candidature concurrente doit être déclarée avant le 18 novembre 2026, soit plus d’un an avant le congrès de Rabat. Le retrait de la FFF ne détermine pas à lui seul l’issue de l’élection, mais il ajoute l’une des fédérations les plus influentes d’Europe au groupe qui réclame une autre orientation. La prochaine étape consistera à déterminer si cette opposition peut transformer ses préoccupations en matière de gouvernance en un programme commun et désigner un candidat avant la date limite.

Source : AIP Côte d’Ivoire · Sport